RESTRUCTURATION DE LA DIRECTION DE L’ÉDUCATION FRANÇAISE : L’ACFA demande au ministère albertain de l’éducation de revenir sur sa décision

EDMONTON, LE 29 NOVEMBRE 2017 – L’ACFA dénonce la décision du ministère albertain de l’éducation de restructurer la Direction de l’éducation française (DEF). L’ACFA rencontrera prochainement des représentants de la Fédération des parents francophones de l’Alberta et de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta afin d’en discuter. Le président de l’ACFA écrira aussi au ministre de l’éducation, l’honorable David Eggen, afin de lui demander de revenir sur cette décision et de rétablir la Direction de l’éducation française, établie depuis 1978.

« On laisse sous-entendre qu’il ne s’agit pas d’un démantèlement, mais je ne sais pas quel autre mot employer dans ce cas-ci. Nous venons de perdre notre unité francophone dans le ministère le plus important pour la pérennité du français en Alberta – le ministère de l’éducation – et ceci s’est fait sans aucune consultation ni annonce. » déplore le président de l’ACFA, monsieur Marc Arnal. « Ce genre d’effritement de nos ressources n’a jamais fonctionné. Nous n’avons qu’à regarder le résultat d’une restructuration similaire chez nos voisins de la Saskatchewan et qui a entrainé, depuis six ans, une dégradation des programmes d’éducation en français, aux dires d’experts. Nous sommes donc fortement préoccupés. »

Des spécialistes ont porté à l’attention de l’ACFA leur analyse de la situation. L’ACFA a également reçu plusieurs commentaires de membres inquiets de la communauté.

Les enjeux sont d’envergure. D’abord, les leadeurs de la communauté francophone albertaine demandent depuis plusieurs années que le curriculum et les outils pédagogiques soient disponibles en même temps en français qu’en anglais. Cependant, un tel geste risque de faire du curriculum en français une simple traduction de l’anglais alors qu’actuellement, les programmes étaient adaptés à la culture et à la réalité francophones par l’équipe de la DEF. Ensuite, la mesure aura pour impact de faire disparaitre un milieu de travail en français, ce qui est déjà peu légion. Le troisième enjeu et non le moindre : il s’agit là d’un des premiers jalons posés dans l’ère de la Politique en matière de francophonie, adoptée en juin dernier.

« Ce geste va complètement à l’encontre de la nouvelle Politique en matière de francophonie, dans laquelle il est clairement indiqué qu’on veut aider l’Alberta à offrir un enseignement francophone équivalent, en vue de respecter ses obligations constitutionnelles en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Il me semble que ça débute la mise en œuvre sur une bien mauvaise note. » insiste monsieur Arnal.

La communauté a mené de dures luttes pour obtenir la gestion scolaire et bâtir cette institution qu’est le système scolaire francophone, un joyau de la francophonie. Elle s’est dotée d’infrastructures et de ressources humaines qualifiées, formées par le Campus Saint-Jean notamment, pour donner aux enfants un environnement où s’épanouir dans leur langue, leur culture et un bilinguisme qui s’avère un atout. Il serait déplorable qu’une telle mesure vienne affaiblir les fondements de ce que nous avons collectivement contribué à bâtir.

Depuis 1926, l’ACFA est l’organisme porte-parole de la communauté francophone de l’Alberta. Son rôle est de faire valoir les intérêts de cette dernière et d’assurer son développement global.

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Pour information :
Hélène Guillemette, gestionnaire aux affaires publiques
T 780.466.1680 x. 217
h.guillemette@acfa.ab.ca
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